Transformation in die Cloud - welche Cloud darf es sein?
Perspective Future Workplace

Soins 4.0: Entre soulagement et inaptitude

5 avr. 2018

Les systèmes d’assistance intelligente ont pour but de faciliter à l’avenir la vie des gens âgés, des infirmiers et des médecins. Mais qu’en est-il des aspects déontologiques?  
Les systèmes d’assistance intelligente
Des robots infirmiers ? Des maisons infirmières ? Pour la plupart des Allemands, cela ne pose pas de problème. Ils seraient en effet 83% à dire pouvoir envisager de recourir à des solutions de type smart assistance pouvant leur permettre de vivre chez soi de manière autonome plus longtemps, selon un sondage mené par le Ministère fédéral de l’éducation et de la recherche.
Rien de surprenant donc à ce que la majorité des sondés (80%) accordent beaucoup d’importance à la recherche sur les robots de service destinés aux ménages, aux infirmiers et au personnel de santé. On peut dire avec certitude que les plus âgés d’entre nous, sans aide technique, auront du mal à rester à la maison et à vivre de manière autonome le crépuscule de leur vie. Alors que l’on manque déjà d’infirmiers externes et d’infirmiers qualifiés, les évolutions démographiques ne peuvent que creuser l’écart entre l’offre et la demande.  

Des smart solutions pour les personnes âgées

Afin de contrecarrer cette tendance, on a de plus en plus recours à des systèmes AAL (Ambient Assisted Living) dans le cadre de soins infirmiers apportés aux personnes âgées. Leur but est de permettre à terme que l’on puisse vivre de manière autonome jusqu’à un âge avancé. Ils ne constituent pas bien sûr une idée entièrement nouvelle.  Il y a déjà un certain temps que les citoyens les plus âgés ou demandant assistance permanente pour quelques raisons que ce soit peuvent presser un bouton pour demander de l’aide. Les lits de soins intelligents, les sièges à douche réglables et les systèmes visuels ou acoustiques, rappelant aux patients de prendre leurs médicaments au moment opportun, sont également d’un usage répandu.
Mais cela n’est que le début. Il y a de cela quelques années, les Japonais de l’institut de recherche Riken ont présenté le Robear, un robot humanoïde ayant l’apparence d’un ours. Son rôle est de lever, porter et transporter de lui-même des patients alités. Les jouets en peluche interactifs tels que le Justocat, mis au point en Suède, apportent aux patients atteints de démence un sentiment de sécurité et de confort, les encourageant aussi à communiquer. Mme Johanna Wanka, ministre fédérale de la recherche, a promis de promouvoir les études portant sur les solutions intelligentes prévues pour les smart homes et zones AAL. Son principe : « Les humains doivent contrôler les robots, et le coût d’acquisition doit être raisonnable. »

De nombreux problèmes non résolus

Il est évident que les robots infirmiers et les systèmes numériques AAL apporteront leur assistance à un nombre croissant d’anciens ainsi qu’au personnel de soins, au quotidien, leur évitant parfois de devoir prendre des décisions importantes. La faisabilité technique n’est cela dit qu’une face de la médaille, le revers étant fait de questions de déontologie. Les aspects juridiques et éthiques demandent autant de clarifications que les questions liées à la protection et à la sécurité des données.  
« Savons-nous vraiment de quoi il retourne dans les systèmes d’auto-apprentissage AAL et sur la base de quelles connaissances ils sont construits ? » - a demandé Arne Manzeschke lors de la conférence annuelle du Conseil éthique allemand, qui s’est tenu en 2017. Manzeschke, experte en éthique de l’Université de Munich, est spécialisée dans les questions d’éthique médicale et a peur que les solutions autonomes dans le monde de la médecine et des soins de santé n’amènent une perte en compétences humaines et en créativité. A moyen terme, tant la médecine que l’humanité tout entière pourraient devenir incapables d’agir sans l’assistance de systèmes autonomes. Telle est en tout cas sa peur : « Qu’il nous suffise d’évoquer le virus Wannacry » - dit-elle. « Celui-ci a mis en panne tous les systèmes informatiques d’un certain nombre d’hôpitaux britanniques et nous a donné un avant-goût de ce que le vrai danger pouvait être. »  
Le stockage de masse et le traitement des données médicales les plus personnelles ne sont pas non plus du goût de tout le monde. Quelles informations auraient vocation à être stockées ? Quel serait leur sort ? Qui y aurait accès ? Telles sont les questions qui taraudent les patients et leurs familles. Assurer la protection des données, à terme, ne suffira pas. La transparence complète est le problème principal : qui doit pouvoir accéder à l’information ? Comment ? Avec quels droits ? Bien entendu, les usagers doivent conserver le contrôle de leurs propres données. 

Un débat actif sur l’éthique médicale

Cela étant, il ne fait aucun doute que les systèmes d’assistance autonomes continueront à faire partie du paysage de la médecine, des soins infirmiers et des maisons des citoyens les plus âgés. De nombreux clients y ont déjà recours. « Mais nous devons aligner ce qui est techniquement possible sur les besoins réels des gens » - dit Mme Wanka, ministre de la Recherche, ce en quoi elle est loin d’être isolée. Cela implique également de prendre sérieusement en compte les peurs et réticences des usagers et de définir des lignes directrices juridiques et éthiques.   
En février 2017, le Parlement européen a formulé des recommandations à l’intention de la Commission européenne concernant les dispositions de droit civil en matière de robotique. Ces recommandations visent principalement à jeter les bases de principes éthiques encadrant la mise au point et l’utilisation de la robotique intelligente ainsi que la clarification de nombreuses questions de responsabilité non résolues. Le parlement a par ailleurs demandé à la Commission d’envisager à long terme l’introduction de statuts juridiques distincts pour les robots intelligents.    
« On ignore encore si l’idée consistant à créer un statut juridique nouveau, celui de e-personne, qui viendrait s’ajouter à ceux de personne physique et de personne morale, est pertinente » - a déclaré Christiane Wendehorst, experte en droit civil à l’Université de Vienne lors d’une discussion avec T-Systems : « Il ne fait cela dit aucun doute que les politiciens et la profession juridique devront bientôt définir un cadre légal permettant que notre futur numérique soit contrôlable et vivable. »