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Perspective Future Workplace

L’ « ubérisation » de la logistique

28 juin 2017

Drones, lunettes de données, l’intelligence distribuée... L’avenir de la logistique a commencé.
La logistique est d’ores et déjà un des secteurs les plus numérisés. Voici pourquoi les véhicules autonomes, lunettes de données et robots livreurs pourraient révolutionner les transports.
Un léger vrombissement annonce l’arrivée d’un drone logistique. Dans le jardin, le client attend la livraison d’une commande passée une heure auparavant à peine. Le drone atterrit en toute sécurité sur la pelouse, le client ouvre son paquet, le quadrirotor redécolle. Une image du futur ? Selon un sondage mené par la German Federal Association for Information Technology (Bitkom), la majorité des sociétés du secteur de la logistique considère que les livraisons par drones seront chose courante dans une dizaine d’années. 
Rares sont les branches de l’économie où les changements observés sont aussi spectaculaires que dans la logistique. Eu égard à l’explosion du commerce en ligne, les clients sont de plus en plus exigeants. Les livraisons en 24 heures avec une plage horaire de livraison déterminée avec le client sont déjà un standard.
Cela étant, la forte pression sur les prix signifie que des procédés de plus en plus efficaces sont nécessaires. Les entreprises n’ont maintenant d’autre choix que d’aller de l’avant et de s’engager vers la transformation. Selon la dernière étude de Bitkom, le secteur en serait conscient : 74% des compagnies de transport considèrent la numérisation comme leur plus important défi. Autre problème, de plus en plus de sociétés du secteur des hautes technologies entrent en scène et prennent des parts de marché grâce à leur savoir-faire informatique. Cela fait que la compétition est encore plus serrée pour les commissionnaires de transports traditionnels. Les experts parlent donc d’une « ubérisation » du secteur des transports.  
On demande donc aux entreprises de logistique d’améliorer leurs modes opératoires ainsi que leurs portefeuilles de produits et services. On propose par exemple d’avoir un suivi des produits. C’est le cas notamment avec le support de Roambee. Les jeunes pousses américaines ont coopéré avec T-Systems pour développer un service de suivi. De petites « abeilles » – comme on appelle les appareils jaunes collés aux conteneurs, colis ou camions – collectent les données à l’aide de divers capteurs et les envoient vers une pateforme IdO en nuage. Roambee analyse ces données et les relie aux informations provenant des systèmes ERP ou sources externes. Les clients connaissent donc non seulement la température ou le degré d’humidité régnant dans le conteneur mais peuvent aussi évaluer les risques liés à un itinéraire donné.

Quelques rares pionniers du numérique

Selon le sondage de Bitkom, les entreprises du domaine de la logistique s’attendent à l’avènement d’un usage omniprésent de ces techniques d’ici dix ans ; 75% d’entre eux prévoient par exemple l’utilisation de lunettes de données dans les entrepôts et ateliers. Rares sont cela dit les pionniers ; ceux qui utilisent ces outils dès maintenant. C’est le cas de Bachor, producteur de cosmétiques allemand siégeant à Aix-la-Chapelle. Les employés du dépôt ont délaissé leurs bons de commande et leurs scanners à main pour des lunettes de données. Ils reçoivent leurs commandes directement sur leurs lunettes, par Wi-Fi, et voient vers quel espace de rangement se diriger. En tapant sur ses lunettes, l’employé enclenche le scanner intégré qui va lui permettre de lire le code-barres du produit. Les mains restent donc libres, ce qui permet de prendre le produit sur l’étagère. Pour Babor, ceci constitue un pas vers l’avenir numérique immédiatement rentabilisé. Selon les données de la société, les lunettes de données optimisent les itinéraires et apportent donc des économies de temps de l’ordre de 20%.       
Les véhicules autonomes sont aussi un sujet important pour ce qui est de la logistique de demain. Selon les résultats d’une enquête intitulée "The Era of Digitized Trucking", les experts de Strategy&, département conseils stratégiques de PwC, estiment que les routiers disparaîtront des autoroutes d’ici dix ans. Les chauffeurs humains ne seraient plus sollicités que pour les trajets urbains, pour des livraisons locales. Même ceux-ci pourraient être remplacés cinq ans plus tard.
Pour les clients et fournisseurs, l’évolution serait payante. D’ici 2030, les opérateurs logistiques pourraient économiser jusqu’à 33 000 euros par an. Une méthode appelée le platooning (méthode du convoi, c’est à dire de groupement de véhicules par pelotons), permet des économies supplémentaires. les camions, interconnectés par Wi-FI, roulent près les uns des autres, mettant à bien leurs dévents. La résistance de l’air est ainsi réduite, ce qui amoindrit la consommation en carburant de 10%.

Des drones en phase de test

On observe aussi une troisième tendance, à savoir l’utilisation de drones pour l’organisation interne et la livraison de biens. Même si les quadrirotors et mulitirotors ne joue pas encore un rôle prépondérant pour l’instant, des essais préliminaires sont en cours. Amazon a livré son premier paquet par drone l’année dernière au Royaume-Uni. En Allemagne aussi, les livreurs volants passent leurs examens : au banc d’essais de DHL, les parcelcopters, qui chargent et déchargent des distributeurs de paquets.  
Mais la généralisation de l’utilisation de drones est contrariée par les mêmes obstacles que la conduite autonome. Il reste en effet à adapter le cadre légal à ces nouveaux outils. Aux États-Unis par exemple, les drones ne peuvent toujours pas voler dans les espaces publics. En Allemagne aussi, la loi reste dépassée par les progrès techniques pour ce qui est des voitures et camions autonomes. Le gouvernement fédéral a lancé une des premières lois concernnant les véhicules autonomes en mars dernier. Cela dit, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Que peut faire le « chauffeur » pendant le trajet ? Après quel laps de temps doit-il reprendre le contrôle de son véhicule en cas d’urgence ?  

En théorie seulement

Les entreprises du secteur de la logistique savent qu’elles auront besoin de la numérisation pour rester dans la course. Cela dit, les plans concrets visant à introduire de nouvelles techniques stagnent. Selon Bitkom par exemple, seuls 2% des responsables de sociétés de transports aimeraient avoir recours aux drones pour leur organisation interne. En plus des lacunes permanentes concernant la législation, des connaissances insuffisantes ajoutées à quelques doutes sur la faisabilité pourraient affecter le rythme des évolutions.
Les plateformes numériques pourraient ici être d’une aide précieuse. Nous évoquons ici des ecosystèmes artificiels grâce auxquels les centre de recherches, universités et investisseurs résolvent des problèmes logistiques concrets à l’aide de techniques numériques. Les entreprises intéressées peuvent par exemple essayer des systèmes d’auto-apprentissage appuyés sur ces systèmes. « Si l’avenir nous réserve effectivement ce à quoi s’attendent les entrepreneurs, il suffit de comparer cela aux usages actuels et aux plans qui sont faits pour nourrir quelques inquiétudes » - dit le Dr Bernhard Rohleder, PDG de Bitkom.
« Les entreprises se doivent à tout le moins d’expérimenter les outils, car la logistique pourrait faire l’objet d’une véritable révolution grâce aux drones, systèmes autonomes et à l’intelligence artificielle. » Les livraisons faites directement dans le jardin du client à l’aide de drones pourraient bientôt faire partie de notre quotidien.