Transformation in die Cloud - welche Cloud darf es sein?
Perspective Future Workplace

Les emplois disparus seront remplacés

21 juin 2017

Des emplois supprimés par la numérisation ? Les employés doivent faire bon usage des nouvelles technologies dans leur...
Le professeur Hartmut Hirsch-Kreinsen, sociologue de l’industrie et de l’économie à la Technische Universität de Dortmund, ne pense pas que la numérisation puisse à long terme raréfier les emplois. Il nous a accordé un entretien.
Si les études sur la numérisation et ses conséquences potentielles sur le marché du travail foisonnent parmi les résultats des moteurs de recherche, leurs conclusions sont variables. Une enquête a par exemple été menée par Carl Frey et Michael Osborne, de l’Université d’Oxford, qui a conclu que l’automatisation représenterait une menace pour 47% des emplois américains. Cette étude, datant de 2013, a maintenant été appliquée à l’Allemagne. Selon ses conclusions, la note serait encore plus élevée, avec 59% des postes menacés.   
Selon les auteurs, le poids de l’industrie dans le tissu économique allemand serait à l’origine de la différence. 
Cela dit, les moteurs de recherche apportent des résultats pour le moins variables. On trouvera sans peine des études prévoyant des retombées positives de la numérisation et selon lesquelles quelques centaines de milliers d’emplois seront créés. Que penser de tout cela ? Comment faire la part du vrai et du faux ? La vérité serait-elle quelque part entre les deux ? Mon opinion est que les mécanismes de compensation, la destruction créatrice seront comme toujours à l’œuvre sur le marché du travail, ce qui signifie que des disparitions d’emplois en nombre modéré seront à long-terme compensées. Cette affirmation est – comme vous l’avez probablement deviné – étayée par de nombreuses études. 
Prof. Dr. Hartmut Hirsch-Kreinsen
Prof. Dr. Hartmut Hirsch-Kreinsen

Les opportunités portées par les techniques digitales

Il est clair que certaines professions souffent plus que d’autres de l’automatisation. Les activités les plus routinières, répétitives, sont particulièrement visées. Dans le secteur de la logistique, pour citer un exemple classique, les employés suivent des procédures de conditionnement et de stockage selon des instructions prédéfinies. Une tâche de ce type pourrait bientôt être confiée à des systèmes informatiques intelligents, tout comme pour ce qui est de la préparation des commandes.  
Ces nouvelles techniques sont aussi porteuses d’opportunités. En cette époque d’informatique, de logistique, de planification et d’ingénierie, des emplois plus complexes et plus gratifiants apparaissent, que la machine ne peut nous prendre. Simultanément, certaines tâches difficiles deviennent plus aisées. L’apprentissage adaptatif intelligent et les systèmes d’assistance sont l’occasion rêvée de créer des opportunités de début de carrière pour ceux qui jusque-là peinaient à trouver leur place.

L’informatique n’est pas seule à prendre de l’importance

La question centrale n’est cependant pas le nombre d’emplois disparus mais les transformations structurelles qualitatives en ce qui concerne les activités et qualifications.
Au sens large, les compétences informatiques prennent clairement de l’importance à condition d’être accompagnées de savoir-faire précis et pointus. Il serait par ailleurs absurde d’affirmer que tous devront à l’avenir savoir écrire des programmes. Il sera en revanche décisif de savoir tirer bénéfice des nouvelles technologies dans des contextes professionnels donnés. Pour s’appuyer sur un exemple tiré de l’industrie, les employés doivent comprendre le processus physique, mais devront savoir comment le gérer et comprendre ses finalités potentielles futures. 
La gestion n’est pas tout-à-fait à l’abri de ces transformations. Bien au contraire, la numérisation va profondément modifier le quotidien des cadres. Dans l’industrie, les cadres moyens tels que les directeurs des opérations ou les directeurs de départements sont particulièrement concernés. En effet, certains processus décisionnaires sont en cours d’automatisation par de nouveaux systèmes de planification. Cela dit, ces mêmes cadres bénéficient de plus d’informations qui leur permettent de prendre des décisions plus éclairées.

Tester plus que contrôler

Au niveau opérationnel également, beaucoup d’employés de magasins auront plus de connaissances et de compétences que par le passé, ce qui aplanira les structures hiérarchiques. À l’avenir, il sera de plus en plus rare de voir des superviseurs ayant plus de connaissance que leurs subordonnés. C’est pourquoi la culture de la méfiance doit être démantelée. Or ceci demande de changer de méthode : plus d’essais, moins de contrôle. 
Cela étant, il est peu probable que tous les cadres soient préparés aux transformations causées par la numérisation. De grands groupes tels que Bosch et Siemens sont particulièrement sensibilisés à ces évolutions, mais ce n’est pas le cas des secteurs du métal ou du plastique. Les plus petites entreprises travaillent dans un contexte de coûts élevés et de pression de la concurrence, sans avoir les ressources nécessaires.