Image générée par lIA - Une boîte à outils avec cliquet sur une table en bois Image générée par lIA

La souveraineté numérique nécessite du pragmatisme

L'indépendance technologique nécessite du discernement et la solution adaptée à chaque exigence.

Date de publication
14. octobre 2026
Temps de lecture
6 minutes de lecture
Le contenu de cette page a été traduit avec laide de lIA

Tous les workloads ne nécessitent pas une solution souveraine

La souveraineté numérique est sur toutes les lèvres. Mais quelle indépendance les entreprises ont‑elles réellement besoin ? Et où le désir de contrôle maximal devient‑il un obstacle à l’innovation et à la compétitivité ? Christine Knackfuß, Chief Sovereignty Officer chez T‑Systems, plaide pour une vision différenciée du sujet. Dans le podcast de DIGITAL X, elle a parlé des dépendances technologiques de l’Europe et des opportunités des Solutions cloud et IA souveraines, et explique pourquoi la souveraineté numérique nécessite avant tout une chose : le pragmatisme.

Les dépendances unilatérales sont problématiques.

Notre économie vit de la coopération internationale et des chaînes d'approvisionnement mondiales. Cela s'applique notamment aux technologies numériques. L'Europe importe environ 80 % de ses technologies numériques critiques de pays hors d'Europe. C’est d’abord le reflet d’une économie globalement interconnectée. Cependant, cela devient problématique lorsqu’il en résulte des dépendances unilatérales.

Pour moi, il est donc crucial de ne pas remettre en cause chaque dépendance de façon systématique, mais d’examiner précisément : où apparaissent les risques économiques ? où les Services pourraient être restreints ou désactivés ? et où la perte de données sensibles ou de propriété intellectuelle précieuse menace ?

Dans l'ère de l'intelligence artificielle, la dernière question prend toute son importance. Lorsque les entreprises utilisent leurs propres données pour entraîner des modèles d'IA, elles doivent pouvoir s'assurer que leur savoir‑faire le plus précieux reste protégé. Cela concerne notamment le Mittelstand allemand avec ses nombreux Hidden Champions, dont l'avantage concurrentiel repose souvent sur un savoir hautement spécialisé et des données uniques.

Un datacenter allemand ne suffit pas

Une idée reçue répandue est que les données sont automatiquement souveraines dès qu'elles se trouvent dans un datacenter allemand. Cependant, le seul emplacement indique peu qui a réellement accès à ces données.

Tout aussi importantes sont les cadres juridiques et les structures opérationnelles : à quel droit le fournisseur de cloud est-il soumis ? Qui administre les systèmes ? Qui peut accéder aux données ? Et qui décide, en cas d’urgence, si un service doit être maintenu ?

Avec nos solutions cloud souveraines, nous ne nous appuyons donc pas uniquement sur des sites de datacenters européens. L’essentiel réside dans l’interaction entre le stockage des données, l’exploitation européenne et la souveraineté juridique. Nos systèmes sont exploités par des employés européens de Telekom et sont soumis au droit allemand ou européen.

Nous créons ainsi les conditions pour que les entreprises conservent la maîtrise de leurs données et applications critiques. En effet, la souveraineté numérique est bien plus qu’une question de localisation des serveurs.

Toutes les applications n'ont pas besoin d'une souveraineté maximale

À quel point la souveraineté numérique est importante : je suis convaincu que nous devons aborder le sujet de façon plus différenciée et moins émotionnelle. Toutes les applications n'ont pas besoin du même niveau de protection.

Environ 60 % des charges de travail du cloud public n'ont pas d'exigences particulières en matière de souveraineté. Pour les 40 % restants, différents niveaux de protection sont pertinents. Les deux niveaux de souveraineté les plus élevés ne sont requis que pour environ dix pour cent de toutes les charges de travail.

C’est pourquoi les entreprises devraient d’abord analyser quelles applications et quelles données sont réellement critiques. Une boutique en ligne accessible au public a d’autres exigences qu’un système qui traite des données de recherche sensibles ou qui contrôle des processus industriels centraux.

C’est aussi une question d’efficacité économique. Une souveraineté maximale à tout prix lierait des ressources dont les entreprises ont besoin ailleurs pour l’innovation et la croissance.

Christine Knackfuß- Nikolic, Chief Sovereignty Officer de T-Systems International GmbH

Pour moi, la question décisive n’est pas : comment devenir indépendants partout ? Mais : où devons‑nous devenir plus indépendants afin de pouvoir agir de façon autonome à l’avenir ?

Dr. Christine Knackfuß, Directrice de la souveraineté, T-Systems

L'indépendance totale n'est pas une option réaliste

Comme la complexité des dépendances mondiales le montre, un regard sur le matériel. La fabrication d’un serveur peut impliquer, le long de toute la chaîne d’approvisionnement, entre 30 et 100 pays. Des composants individuels franchissent souvent les frontières nationales avant que le produit fini ne soit réalisé.

Celui qui réclame ici une indépendance totale méconnaît la réalité de notre économie mondiale. Nous devrions donc déployer nos ressources de manière ciblée là où existent des dépendances critiques et où nous pouvons réellement faire une différence.

Cela s'applique particulièrement aux logiciels. Ici, l'absence de mises à jour de sécurité ou des droits d'accès restreints peuvent, en peu de temps, entraîner des risques importants. Parallèlement, les fournisseurs européens, notamment face à des exigences de souveraineté particulièrement élevées, ont l'opportunité de se différencier avec leurs propres Solutions. Pour moi, la question décisive n’est pas : comment devenir indépendants partout ? Mais : où devons‑nous devenir plus indépendants afin de pouvoir agir de façon autonome à l’avenir ?

Industrial AI : la grande opportunité de l’Europe

L'Europe ne pourra pas devenir leader mondial dans chaque domaine technologique. Ce n’est pas non plus notre ambition. Ce qui importe davantage, c’est de savoir où nous pouvons déployer nos propres forces de manière ciblée.

Un domaine particulièrement prometteur à mon avis est l'Industrial AI. L'Europe dispose d'un énorme savoir-faire industriel, de décennies d'expérience en ingénierie et de données d'entreprise de haute qualité. Si nous combinons ces forces avec une IA performante, cela peut donner naissance à des applications qui créent un véritable avantage concurrentiel.

Qu'il s'agisse de jumeaux numériques, de simulations industrielles ou de l'optimisation des processus de production : c'est là que réside l'opportunité de générer une nouvelle valeur ajoutée à partir du savoir européen et des données européennes.

Avec notre usine d'IA à Munich et le T Cloud, nous créons ainsi la base technologique. Les entreprises peuvent développer et exploiter des applications d'IA sans devoir renoncer à la souveraineté de leurs données sensibles.

Je vois là une grande opportunité pour l’Europe : nous n’avons pas forcément à développer les plus grands modèles linguistiques d’IA. Nous pouvons toutefois devenir leaders mondiaux en associant l’intelligence artificielle à notre savoir‑faire industriel.

La souveraineté n’est pas une fin en soi

La souveraineté numérique ne doit ni devenir une simple promesse marketing, ni un but en soi. Elle doit aider les entreprises à réduire les risques, à renforcer leur compétitivité et à rester capables d’agir même dans des conditions géopolitiques changeantes.

Pour cela, nous n’avons pas besoin d’une isolation complète des technologies internationales. Nous avons besoin d’une compréhension réaliste de nos dépendances, d’alternatives européennes solides et de la capacité de choisir la bonne solution en fonction des exigences.

Chez T-Systems, nous aidons les entreprises à évaluer leurs risques individuels et à en déduire la stratégie d’infrastructure adaptée. Car la souveraineté n’est pas une question de noir ou blanc. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre sécurité, rentabilité et capacité d’innovation. Au final, la souveraineté numérique, pour moi, n’est avant tout qu’une chose : la liberté de pouvoir décider soi‑même.

Sur tous ces sujets, j’en ai également parlé dans le podcast à la Digital X :

Cela pourrait également vous intéresser

Spécial

Nous attendons votre avis avec impatience

Vous avez des idées, des suggestions ou des questions à ce sujet ? Nous vous invitons à venir échanger avec nous. N’hésitez pas à nous contacter !
Do you visit t-systems.com outside of France? Visit the local website for more information and offers for your country.