Transformation in die Cloud - welche Cloud darf es sein?
Perspective Internet of Things

La révolution dans les prestations de santé

21 févr. 2017

Les appareils portables mesurent les phases de sommeil profond et les fonctions pulmonaires, comptent les pas et les calories brûlées, vous rappellent de prendre vos médicaments quand il est l’heure et pourraient bien  bouleverser le secteur de la santé.
Wearable technology – the smart revolution in healthcare
La notion d’appareils portables inclut certes les ordinateurs portatifs mais aussi tous les appareils pouvant être portés sur le corps, des pacemakers aux suiveurs d’activité commes les bracelets et montres fitness. On ignore combien de produits sont actuellement sur le marché. Selon la fondation Bertelsmann Stiftung, environ 100,000 applications liées à des prestations de santé seraient disponibles et téléchargeables en provenance de magasins d’applications. Une étude du German health insurer Techniker Krankenkasse estime même ce nombre à 400,000. 
Le marché mondial des appareils portables s’élevait à environ 6,3 milliards d’euros en 2014 et devrait croître d’environ 20% par an d’ici 2018 selon la société d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC). La société d’étude de marché Gartner déclare que le nombre d’appareils vendus dans le monde en 2016 s’élève à environ 275 millions.

Un haut taux d’acceptation parmi les usagers

Selon les conclusions d’une enquête de 2016 menée par Bitkom, association allemande de l’informatique, environ un citoyen allemand sur trois utiliserait déjà des suiveurs d’activité ou de fitness pour mesurer performances sportives et signes vitaux... Les appareils ont depuis bien longtemps cessé de n’être utilisés que pour afficher votre pouls pendant la course quotidienne pour aider à la planification de votre entraînement. De plus en plus de gens souffrant de maladies chroniques utilisent des aides numériques pour améliorer leur qualité de vie et combattre leurs maladies.
Klaus Rupp, directeur de la gestion des soins du Techniker Krankenkasse, confirme l’énorme potentiel des aides intelligentes : « Nous ne nous contentons plus de mesurer notre état de santé ». Selon une étude menée par le Techniker Krankenkasse et intitulée #SmartHealth, presque une personne entre 60 et 70 ans utilise maintenant un smartphone. Ce groupe-cible pourrait imaginer non seulement noter les calories brûlées ou les pas effectués pendant une marche, mais aussi leur taux glycémique, leur consommation de liquides et leur pression sanguine.

Suivre les maladies à l’aide d’appareils portables

A l’avenir, les techniques portables pourraient non seulement être portées comme autant de montres bracelets, montres fitness ou smart watches, mais  tout bonnement cousues dans les T-shirts ou chaussettes ou attachées sur la peau sous forme de bandages. Le potentiel des appareils portables devient clair dès lors que l’on s’attarde sur l’exemple des maladies cardio-vasculaires qui selon le Ministère de l’Education et de la Recherche de la République fédérale d’Allemagne sont la cause de décès la plus fréquente dans les pays industrialisés. Dans les régions souffrant de pénuries de médecins notamment, il est souvent difficile de vérifier les paramètres vitaux des parents régulièrement, de manière à prévenir les accidents vasculaires cérébraux. Les appareils portables permettraient d’assurer le suivi d’indicateurs biologiques tels que le rythme cardiaque, la taux respiratoire, la composition des tissus thoraciques et l’activité physique et améliorent donc l’état de santé général. 
Selon Bitkom, quelque 75% des Allemands seraient prêts à envoyer des données concernant leurs signes vitaux à leurs médecins en cas de maladie. Chez ceux qui souffent de maladies chroniques, cette proportion atteint même 93%. Cela étant, ceux qui mesurent leurs propres signes vitaux n’ont pas été reçus à bras ouverts par les professionnels de la santé. « Aucun médecin ne prescrirait ce type de gadget servant à ce que le patient mesure et relève ses données lui-même. » - déclare Tobias Neisecke, professionnel berlinois de la santé et de la numérisation. « Ce sont des produits de consommation que des entreprises ont mis au point pour vendre du matériel. » Neisecke, médecin et blogueur, travaille dans le domaine de la santé numérique pour le Brandenburg Economic Development Board. Il n’est donc pas quelqu’un dont on pourrait attendre à ce qu’il rejette en bloc la technologie numérique. Ce qui ne l’empêche pas de déclarer : « Même si les capteurs dans les appareils s’améliorent sans cesse, ils ne sont pas faits pour collecter des données valides » .

Certification conforme à l’ordonnance sur les matériels médicaux

Les professionnels de la santé peuvent s’appuyer sur les valeurs mesurées par les techniques portables à condition que celles-ci soient agréées en tant que produits médicaux. La procédure est cependant chronophage et onéreuse. Sur les 10 000 applications médicales que comptent les Etats-Unis, seules 100 ont été agréées par l’agence publique compétente, c’est à dire 1%.
Outre la validité des données, les médecins s’inquiètent de la manière dont les données recueillies sont protégées. « Les consommateurs doivent savoir que les données sont forcément fichées et stockées quelque part » argue Roland Stahl, porte-parole de l’association allemande des médecins de l’assurance maladie légale. « Les tendances pour ce qui est des appareils portables montrent que beaucoup de gens désirent apparemment laisser filer des informations les concernant sans y réfléchir à deux fois ».

La confidentialité des données, un point faible

Cette inquiétude n’est pas totalement infondée, comme le montrent les résultats d’une étude menées par des spécialistes en la matière fin 2016. Les auteurs ont testé 16 appareils et applications de différents fabricants représentant quelque 70% du marché allemand. Leur conclusion est que les usagers ne contrôlent plus l’accès de tiers à leurs données ni la durée de leur stockage. De plus, les entreprises ne sont pas en mesure de prouver que les données ne sont utilisées que sous forme anonyme à des fins publicitaires, comme l’indique Thomas Kranig, commissaire du Land de Bavière à la confidentialité des données. Les professionnels de la confidentialité des données n’ont pas désiré révéler précisément quels produits ils avaient testé, préférant persuader les entreprises d’effectuer quelques modifications.

Approches positives

On remarque aussi cependant quelques approches positives et même exemplaires en matière de technologie, protection des données confidentielles et sécurité des données en général. L’assureur Central Krankenversicherung, de Cologne, utilise les possibilités offertes par la technologie mobile pour les soins de santé, équipant les patients diabétiques de smartphones et de lecteurs de glycémie. Ceux-ci enregistrent toutes les données liées à la maladie et les envoient directement aux entraîneurs personnels, qui les prennent en compte et envoient à leur tour des conseils sur le régime alimentaire à suivre et les activités à pratiquer. Pour les diabétiques de type 2 notamment, les changements de train de vie visant à contrer la maladie peuvent apporter des résultats significatifs. Il suffit parfois de faire plus d’exercice et de suivre un régime alimentaire adapté aux diabétiques pour réduire de manière significative le nombre d’incidents ou de complications, voire de les supprimer pour de bon. Le programme de santé est donc une manière très simple d’éviter des coûts de traitement et de minimaliser les séquelles.