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Sécurité Industrielle

Les blockchains gagnent automatiquement la confiance des usagers

5 déc. 2017

Une blockchain est une base de données décentralisée qui rend le partage d’informations plus sûr et plus transparent. De nombreux secteurs peuvent bénéficier de cet outil.
Blockchain technology ensures security and transparency and is revolutionizing numerous sectors.
L’avenir du transport numérique sécurisé se dessine aujourd’hui à Rotterdam, dont le port s’est posé comme objectif de ne plus être seulement le plus grand port en eau profonde d’Europe, mais « le meilleur, le plus intelligent et le plus durable port du monde ». Pour ce faire, le port de Rotterdam participe à un projet visant à mettre à l’essai des outils servant à tracer un transport de container, ce qui rend le tout plus transparent, fiable et bon marché. L’idée est de réduire le nombre de fraudes et d’erreurs en éliminant l’utilisation de documents de frets traditionnels, laborieuse et chère. La solution est basée sur le principe de la blockchain.
Auparavant, quand un bateau arrivait au port une demi-heure en avance, il était en pratique impossible pour un chauffeur de camion de réagir à un tel imprévu affectant le programme de déchargement. Tout cela entraînait des pertes de temps et d’argent. Grâce à l’outil qu’est la blockchain, les commandes de transports peuvent être suivies tout au long de la chaîne d’approvisionnement en temps réel. Le traçage du transport existe certes déjà, mais on remarque de nombreux passages à vide, et toutes les parties prenantes des processus logistiques n’y ont pas accès. Ce n’est pas le cas avec la blockchain : toutes les parties sont également informées et peuvent organiser leurs ressources plus efficacement.

Les pirates n’ont plus une chance

La blockchain a pu acquérir une renommée internationale avec le bitcoin, monnaie virtuelle servant d’intermédiaire permettant des transactions financières sans l’intervention d’une banque. La blockchain peut cela dit être utilisée pour tous types d’informations. L’aspect novateur de cette technique est que nous avons une base de données décentralisée entreposée sur un certain nombre d’ordinateurs qui enregistrent les transactions entre différentes parties. Ces transactions se font en peer-to-peer, c’est-à-dire directement entre les parties concernées, et sont confirmées par tous les ordinateurs connectés. Dans une certaine mesure, ces nœuds fonctionnent comme des témoins auprès de qui on certifie des transactions. Tout corps intermédiaire central devient donc obsolète. L’absence de base de données centrale pouvant être manipulée par des pirates fait que l’outil est très sûr. Tout changement apporté à un nœud donné est immédiatement visible.
Cela dit, l’entreposage décentralisé n’est qu’un des aspects garantissant la sécurité et la transparence de la blockchain. Les informations sont agrégées au sein de blocs liés les uns aux autres comme les perles d’un collier. Un bloc donné contient non seulement la somme de contrôle du bloc précédent mais aussi celle de la chaîne tout entière. Toutes les transactions précédentes sont donc consignées dans la blockchain, et des entités données ne peuvent être modifiées sans que cela se remarque. Un système décentralisé, un historique des transactions disponible à tout moment, tout cela fait que la blockchain est un outil hautement sécurisé qui met immédiatement les usagers en confiance.  

Bien plus qu’un effet de mode

La sécurité et la transparence sont les arguments clés en faveur de la blockchain. Rien d’étonnant à ce que le port de Rotterdam ne soit pas la seule entreprise à prévoir ce type d’évolution. Des entreprises telles que Maersk mettent également à l’essai des blockchains pour la logistique de transports. Même si la société de conseil PwC croit que cette nouvelle technique est prédestinée au secteur de la logistique, elle souligne que d’autres secteurs pourraient en profiter aussi. La chaîne de blocs est une technique qui contribue à révolutionner de nombreux autres secteurs, de celui des finances à celui de l’énergie.
C’est aussi ce que démontre le grand nombre de starts-ups qui mettent au point des applications basées sur le principe de la blockchain. Les universités allemandes et internationales entreprennent également des recherches sur cette nouvelle technique. ”De nombreux systèmes d’infrastructures de blockchain existent maintenant, à côté des premiers modèles de service mis en place par les fournisseurs d’ICT. ”- indique Marco Liesenjohann, expert de la blockchain des bitcoins. ”Une question clé pour les décisionnaires au sein des entreprises est de savoir quelle valeur ajoutée peut être générée en introduisant un système basé sur la chaîne de blocs plutôt qu’une solution classique ?”
Marco Iansiti et Karim R. Lakhani, professeurs en gestion d’affaires à la Harvard Business School, ont élaboré un modèle qui aide les cadres à répondre à cette question et à d’autres du même ordre. Ils recommandent de commencer modestement et de croître progressivement en construisant les connaissances nécessaires à des projets plus ambitieux. Or, ceux-ci se profilent déjà. Le marché des blockchains devrait selon MarketWatch décupler de volume entre 2016 et 2021, pour atteindre plus de 2,3 millions de dollars.

Oublier les montants de versement met les voitures à l’arrêt.

La polyvalence de la technique de la blockchain est sans nul doute l’une des raisons qui font que l’avenir est si prometteur. Les contrats intelligents sont un exemple d’application. Il s’agit de contrats d’achat numériques ayant prise sur le monde analogue. Dès qu’une des conditions prévues par le contrat n’est plus remplie, la mesure appropriée entre en vigueur. Pour prendre l’exemple d’une voiture achetée à crédit, une mensualité oubliée pourrait immobiliser le véhicule. L’idée de créer des contrats ainsi doués de pouvoir sur le réel n’est pas neuve. C’est cependant grâce à la blockchain que de tels contrats pourront être tenus de manière plus efficace et plus fiable. Les inspections humaines ne sont plus requises, et l’application de conditions contractuelles ne peut faire l’objet de manipulations.
Comme le montrent une étude menée par la société de conseil PwC à la demande de l’association de consommateurs de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie ainsi qu’une autre organisée par la Deutsche Energie-Agentur, les blockchains sont dans le secteur de l’énergie aussi un sujet majeur. Un scénario possible serait que les usagers qui produisent et vendent eux-mêmes de l’électricité à partir de sources renouvelables n’aient pas besoin d’un fournisseur d’électricité. Dans ce cas, la blockchain garantirait une facturation rapide et transparente. Un projet pilote prend d’ores et déjà place à New York, où les clients disposent précisément de cette manière de leur surplus en énergie solaire.

Des maisons de disques devenues inutiles 

Spotify, le leader du marché de la diffusion de musique en continu, prévoit lui aussi de tirer les bénéfices de cette nouvelle technique et a fait l’acquisition d’une jeune pousse spécialisée dans les blockchains dès avril 2017, pour une meilleure sécurité des compositeurs et ayants droit. Grâce à la blockchain, un musicien peut voir en temps réel qui écoute sa musique, s’il le fait souvent, etc. Les musiciens reçoivent leurs cachets directement de la part des usagers ; les maisons de disques, agences et banques ne sont plus nécessaires.

Le port du futur

Alors que la liste des applications possibles ne cesse de croître, la phase d’essais de Rotterdam entre dans sa deuxième année. De plus, la société portuaire et les pouvoirs municipaux ont récemment créé le « blockLab », dont le rôle est de mener d’autres recherches sur les outils de type blockchain. « Cette première étape s’inscrit parfaitement dans notre stratégie qui est de rester le « meilleur des ports », celui qui apportera à la chaîne d’approvisionnement les meilleures solutions, les plus intelligentes » - dit Allard Castelein, directeur général de la société portuaire.