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Avion dans le ciel

Le bon niveau de souveraineté dans RISE with SAP

Pourquoi il est important d’aligner la conformité, les coûts et l’innovation en matière de cloud pour chaque charge de travail SAP

31. mars 2026Uwe Birkenhauer

La souveraineté devient une priorité absolue

Les tensions géopolitiques, la réglementation croissante et la diffusion rapide de l’intelligence artificielle (IA) modifient l’agenda numérique de l’Europe. Déjà 83 % des entreprises considèrent la souveraineté numérique comme un facteur concurrentiel important1. Parallèlement, la transformation de SAP est inévitable. Les cadres ne se demandent donc plus s’ils doivent passer au cloud. Ce qui compte, c’est comment :  comment concilier souveraineté, innovation et rentabilité, et ce pour chaque charge de travail.

La fin de SAP ECC n’est pas le seul changement

De nombreuses entreprises qui utilisent SAP sont confrontées à un défi de temps critique : l’assistance (Mainstream Maintenance) pour SAP ECC 6.0 expire fin 2027 et l’option prolongée (Extended Maintenance) jusqu’en 2030 est liée à des coûts et des risques et n’offre aucun potentiel d’innovation.

Le portefeuille SAP a également évolué. Ce qui s’appelait autrefois RISE with SAP s’appelle aujourd’hui SAP Cloud ERP Private. Derrière cette appellation se cache un service Managed Private Cloud pour SAP S/4HANA, qui s’adresse aux clients qui utilisent déjà SAP. Parallèlement, GROW with SAP s’adresse à de nouveaux clients qui misent en premier lieu sur une standardisation élevée et sur le Software as a Service à partir du cloud public.

Comme pour tout changement, c’est la préparation qui détermine le succès. Tout d’abord, les entreprises choisissent l’approche : Greenfield (nouvelle mise en œuvre), Brownfield (conversion de système) ou Hybrid (migration sélective). Ensuite, elles fixent l’objectif : cloud public, privé ou hybride. Il est également important de jeter du lest au préalable : arrêter les systèmes obsolètes, supprimer les processus dépassés et nettoyer les données inutiles avant de lancer la migration. 
 

La souveraineté signifie le contrôle, pas l’isolement

La souveraineté numérique est souvent mal comprise. Certains l’assimilent à l’abandon des plateformes mondiales. En fait, elle signifie autre chose : les entreprises gardent le contrôle sur qui peut accéder à quelles données et dans quelles conditions.

Dans les environnements SAP, cette souveraineté s’appuie généralement sur trois piliers :

  • Emplacement des données : pour les entreprises ayant des exigences élevées en matière de conformité, le lieu où se trouvent leurs données est décisif. Il est important que les données soient conservées et traitées dans l’UE ou en Allemagne
  • Cadre légal : l’emplacement seul ne suffit pas. Le fournisseur doit également être soumis à des règles européennes et à des obligations de publicité.
  • Responsabilité de l’entreprise : Le fonctionnement des systèmes est tout aussi important : Qui administre les systèmes SAP ? Qui a accès ? Et comment l’assistance et l’administration sont-elles contrôlées ? 93 % des entreprises allemandes se considèrent comme dépendantes des technologies digitales étrangères.2 La souveraineté n’exclut pas les partenaires mondiaux, mais donne aux entreprises des possibilités de choix et une autonomie stratégique.

Les réglementations font évoluer l’architecture cloud

SAP System Software Automation – Conception sur écran virtuel dans le datacenter.

Pourquoi la souveraineté est-elle si importante en ce moment ? L’une des raisons est évidente : la réglementation croissante. Les utilisateurs européens de SAP évoluent aujourd’hui dans un réseau dense de réglementations. Les entreprises qui traitent des données personnelles, c’est-à-dire pratiquement tous les utilisateurs de SAP HR, doivent respecter des règles telles que le RGPD, NIS-2, DORA, KRITIS ou les directives du BSI. Ces exigences influencent directement la manière dont les entreprises conçoivent leur architecture cloud.  
De nombreuses entreprises ressentent déjà cette incertitude. 45 % des utilisateurs SAP s’inquiètent lorsqu’ils effectuent des tâches importantes dans le cloud public, principalement en raison de la sécurité et de la protection des données.3

Mais la réglementation n’est qu’une partie de l’évolution. Les changements géopolitiques jouent également un rôle croissant. Le monde évolue vers un ordre multipolaire. Parallèlement, la puissance économique de l’Europe dépend de plus en plus de son indépendance technologique. Miser principalement sur des fournisseurs hors d’Europe, c’est s’exposer à des dépendances structurelles. Il est difficile d’en évaluer les conséquences, surtout en période de tensions politiques. La technologie est donc depuis longtemps plus qu’un simple facteur de croissance. Elle constitue la base de la souveraineté entrepreneuriale. Les entreprises ont aujourd’hui besoin de fonctionnalités d’intelligence artificielle, de flux de données sécurisés et d’une infrastructure cloud résiliente.

C’est pourquoi les décisions relatives à l’architecture cloud ne sont pas seulement une question de conformité. Elles constituent des jalons stratégiques pour la compétitivité et la résilience. Dans les secteurs réglementés, comme l’administration publique, les banques, les assurances ou le secteur de l’énergie, la pression est encore plus forte. Se pencher très tôt sur le thème de la souveraineté permet d’éviter plus tard des transformations laborieuses, des questions contractuelles difficiles et des corrections coûteuses dans l’entreprise.

La question cruciale est donc : de quelle souveraineté a besoin telle ou telle charge de travail ?

La percée stratégique se produit lorsque la perspective change : oublions la question « cloud public ou privé ? » et demandons-nous « De quel niveau de souveraineté a besoin chaque charge de travail ? » Tous les systèmes SAP n’exigent pas un niveau élevé de souveraineté. Un système de développement avec des données anonymes présente un risque nettement moindre qu’un système financier productif avec des données comptables en temps réel. Les données relatives à la paie sont soumises à des exigences plus strictes que celles relatives aux stocks. Il ne s’agit donc pas de savoir si l’on est souverain ou non, mais de déterminer le degré de souveraineté dont a besoin une charge de travail donnée. Ce changement de perspective modifie la planification de RISE. La souveraineté devient un principe de conception central de la transformation :

  • Transformation des entreprises : quels sont les processus et les données les plus importants ?
  • Modèle d’exploitation : qui est responsable ? Comment se déroulent l’assistance, les SLA et la réaction aux incidents ?
  • Infrastructure : quelles charges de travail fonctionnent dans le cloud public, lesquelles dans le cloud privé ou dans des modèles hybrides ? 

En répondant rapidement à ces questions, on pose les bases d’une transformation réussie.
 

Multicloud : souveraineté maximale, optimisation des coûts

Les hyperscalers comme AWS, Azure et Google Cloud offrent une portée mondiale, des écosystèmes de services étendus et un rythme d’innovation soutenu. Pour les charges de travail moins critiques, ils constituent souvent le meilleur choix. Les charges de travail sensibles ou réglementées peuvent poser des problèmes, notamment en termes de souveraineté et de contrôle opérationnel. En effet, les sociétés mères américaines de ces fournisseurs sont soumises à des obligations légales de divulgation qui ne sont pas compatibles avec les directives européennes en matière de protection des données, comme le CLOUD Act.

Une stratégie multicloud résout ce dilemme : elle combine les avantages des deux mondes et associe chaque charge de travail à l’environnement approprié. Parallèlement, la discipline en matière de coûts s’améliore. Toutes les charges de travail n’ont pas leur place dans un cloud privé souverain, ce serait souvent inutile et coûteux. Inversement, il peut être risqué de stocker toutes les données exclusivement chez un hyperscaler. La stratégie multicloud permet de trouver un équilibre : une souveraineté maximale là où elle est nécessaire et des coûts optimisés pour toutes les autres charges de travail.

La voie souveraine vers RISE with SAP

Uwe Birkenhauer de T-Systems et Jan Krüger d’Intel Corporation expliquent comment les exigences européennes en matière de résidence et de souveraineté des données influencent les stratégies cloud des clients, quels sont les critères décisifs dans le choix de la bonne infrastructure pour RISE with SAP et quelles sont les étapes pratiques nécessaires pour assurer un avenir cloud ERP performant et conforme à la législation.

Un exercice de corde raide pour les CIO : coûts, contrôle, capacités

Toute stratégie de cloud évolue entre trois facteurs : la fonctionnalité et l’évolutivité, les coûts ainsi que la souveraineté et la sécurité. 75 % des entreprises considèrent l’évolutivité comme essentielle à la réussite de leur transformation vers le cloud. Parallèlement, 84 % des personnes interrogées considèrent la prévisibilité des coûts du cloud comme le principal défi à relever.4

La manière la plus pratique est donc une approche basée sur la charge de travail. Les entreprises classent leurs charges de travail en fonction de leur sensibilité et de leur évolutivité. Un exemple : un chatbot IA pour un site de FAQ public ne traite généralement pas de données sensibles, mais doit pouvoir évoluer... Ces applications fonctionnent généralement mieux dans des environnements hyperscaler. . Il en va autrement d’un module financier SAP. Il travaille avec des données très sensibles, mais ne nécessite qu’une mise à l’échelle limitée. Dans de nombreux cas, un cloud privé souverain convient mieux à cet effet. Les exigences sont encore plus strictes pour le Digital Health ID, par exemple. Il s’agit ici de données personnelles très sensibles, la « Sovereignty by Design » (souveraineté dès la conception) est donc indispensable. 

Avec cette approche, la souveraineté devient tangible. Elle ne reste pas un principe abstrait, mais devient une décision concrète d’architecture et d’approvisionnement.
 

Du système ERP souverain à l’IA souveraine avec Industrial AI Cloud

Avec la diffusion rapide de l’IA, le débat sur la souveraineté numérique gagne encore en importance. Près de 80 % des entreprises utilisent déjà l’IA.  Parallèlement, la puissance de calcul se concentre fortement : 75 % de la capacité de calcul de l’IA dans le monde se trouve aux États-Unis, environ 14 % en Chine et seulement environ 5 % en Europe.5

Ce déséquilibre révèle une dépendance structurelle. Les entreprises européennes restent fortement dépendantes des fournisseurs américains pour les infrastructures numériques critiques et l’IA. L’Europe dispose pourtant de grands atouts : un savoir-faire industriel, des données sectorielles de qualité et une solide expertise technique. Ce qui manque jusqu’à présent, c’est une infrastructure d’IA à la fois souveraine et évolutive dans le cadre juridique européen.

L’IA pose des exigences techniques élevées. L’entraînement et l’inférence nécessitent de grandes capacités GPU, une faible latence et des environnements de données sécurisés. Sans une telle infrastructure, l’innovation reste dépendante de plateformes externes. 

C’est là qu’intervient l’Industrial AI Cloud (IAIC). Il fournit d’importantes ressources GPU, hébergées en Allemagne et exploitées conformément à la législation européenne. Il crée ainsi la base technologique pour la création de valeur industrielle en matière d’IA en Europe.

L’intégration de l’IAIC dans la SAP Business Technology Platform (BTP) permet aux entreprises d’utiliser les workflows d’IA SAP et l’AI Foundation de manière souveraine. L’IA peut ainsi être intégrée directement dans les processus commerciaux centraux, tout en protégeant les données sensibles au sein de l’Allemagne.  Thomas Saueressig, Chief Customer Officer de SAP, souligne également le changement de perspective : « Il s’agit de changer le récit et de voir les opportunités plutôt que les risques. »6

Cela met également en évidence le prochain défi de RISE with SAP : la modernisation des systèmes ERP ne constitue pas seulement la base de la transformation du cloud, mais aussi de l’utilisation de l’IA à l’échelle industrielle.
 

Planifiez votre projet RISE with SAP avec le bon partenaire

Les stratégies multicloud exigent plus que de la technologie. Elles exigent l’excellence opérationnelle. Avec une option RISE with SAP sur mesure, SAP reste votre partenaire contractuel pour le déploiement et les licences. L’exploitation et les services sont toutefois assurés par un fournisseur certifié RISE with SAP Premium. . Avec le bon partenaire, la souveraineté devient une pratique. Il s’agit notamment de modèles d’hébergement conformes aux exigences légales, de droits d’accès clairement réglementés, de certifications pertinentes et d’un fonctionnement de bout en bout pour les environnements RISE, non-RISE et même non-SAP.

Ce qui est décisif, c’est la cohérence dans l’entreprise. Les entreprises ont besoin d’un modèle d’exploitation uniforme, de SLA clairs et d’une gestion fiable des incidents. Les charges de travail sont affectées à la plateforme appropriée, sans faire de compromis sur la conformité, les performances ou la responsabilité. Chaque transition vers SAP Cloud ERP se déroule différemment. C’est pourquoi les entreprises devraient prendre des décisions centrales très tôt :  

  • définir le chemin de migration
  • classer les charges de travail en fonction des exigences de souveraineté
  • harmoniser l’architecture, l’exploitation et la structure des coûts

Le choix du bon partenaire est tout aussi important : un partenaire qui ne se contente pas de promettre la souveraineté, mais qui la garantit au quotidien.
Les entreprises qui intègrent la souveraineté dès le départ dans leur architecture gagnent plus qu’une simple sécurité juridique. Elles obtiennent le contrôle, la transparence des coûts, la capacité d’innovation et la flexibilité stratégique dans un monde de plus en plus incertain.

Si vous préparez votre transformation RISE with SAP vers SAP Cloud ERP Private, si vous souhaitez renégocier vos SLA ou réorienter votre modèle d’exploitation, c’est le moment de poser les jalons.

Informations sur l’auteur
Portrait : Uwe Birkenhauer, responsable de la gestion du portefeuille SAP chez T-Systems

Uwe Birkenhauer

Responsable de la gestion du portefeuille SAP, T-Systems International GmbH

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Notes de bas de page

1 Digital Resilience made in Europe, Eurocloud Pulse Check, septembre 2025, en ligne

2 Europe’s Path to Digital Sovereignty, Bitkom, novembre 2025, en ligne

3 Cloud Solutions on the Rise, DSAG-ASUG-UKISUG-JSUG Survey, décembre 2025, rapport

4 State of the Cloud Report, Flexera, 2025, rapport

5 The 2025 AI Index Report, Stanford University Human-Centered Artificial Intelligence, avril 2025, rapport

6 Deutschlands erste KI-Fabrik für die Industrie geht in München offiziell in Betrieb (La première usine d’IA destinée à l’industrie démarre officiellement à Munich), Deutsche Telekom, février 2026, communiqué de presse
 

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